À l’examen pratique du permis B, on vous demandera deux manœuvres. Pas cinq, pas une : deux. La première est toujours la même — un stationnement ou un arrêt le long de la chaussée. La seconde est tirée au sort par ordinateur entre un demi-tour, un stationnement perpendiculaire et une marche arrière. C’est tout, et c’est déjà là que beaucoup de candidats se crispent.
Cet article reprend ce que le centre d’examen attend précisément pour chacune, les règles de détail que les candidats découvrent souvent le jour même, et les trois manœuvres filmées et expliquées par Bernard, moniteur au centre de Mons.
L’essentiel
- Deux manœuvres sont demandées pendant le parcours : un stationnement/arrêt, systématique, et une seconde manœuvre tirée au sort parmi le demi-tour, le stationnement perpendiculaire et la marche arrière.
- Le côté (droite ou gauche) et le sens du stationnement perpendiculaire (marche avant ou marche arrière) sont eux aussi tirés au sort : il faut donc maîtriser les deux.
- C’est vous qui choisissez l’emplacement, dans la zone indiquée par l’examinateur. Ne pas saisir une opportunité qui se présente peut conduire à l’arrêt de l’examen.
- Le déclenchement d’une aide à la conduite (freinage d’urgence, correction de trajectoire) provoqué par une erreur du candidat est assimilé à une intervention : l’examen s’arrête.
- Les élèves du centre de Mons passent leur examen pratique à Cuesmes, centre du groupe Autosécurité.
Deux manœuvres, pas cinq
C’est la première chose à remettre à sa place, parce qu’elle fait perdre beaucoup d’énergie inutile. On entend souvent qu’il faut « maîtriser les cinq manœuvres ». En réalité, l’examinateur vous en demandera deux pendant le parcours : une imposée, une tirée au sort.
Ce qui ne veut pas dire qu’on peut en négliger quatre sur cinq — puisque le tirage au sort tombe le jour de l’examen, pas avant.
La manœuvre que tout le monde passe : le stationnement/arrêt
Celle-là, vous l’aurez. Elle s’effectue en marche arrière et en forme de « S », entre deux véhicules rangés le long d’une bordure — c’est ce qu’on appelle couramment le créneau. Le côté, droite ou gauche, est tiré au sort.
Deux précisions qui comptent :
- L’emplacement que vous choisissez ne peut pas dépasser deux fois la longueur de votre véhicule. Viser une place immense pour se rassurer n’est donc pas une option.
- Une fois rangé, vous l’indiquez à l’examinateur. Il vous invitera alors à prendre toutes les précautions pour quitter le véhicule, à rejoindre le trottoir, puis à regagner la voiture aussitôt. Cette sortie fait partie de l’épreuve : l’angle mort, la poignée, le regard vers l’arrière comptent autant que le stationnement lui-même.
S’agissant d’un arrêt et non d’un stationnement au sens strict, votre véhicule peut être rangé à un endroit où le stationnement serait interdit — par exemple devant une entrée de garage ou le long d’une ligne jaune discontinue.
La seconde, tirée au sort parmi trois
L’ordinateur du centre d’examen désigne la deuxième manœuvre parmi :
- Le demi-tour. Il s’effectue obligatoirement et exclusivement sur la chaussée désignée. Les accotements de plain-pied et les emplacements de stationnement peuvent le cas échéant être utilisés — à condition de ne pas faire demi-tour en une seule fois.
- Le stationnement perpendiculaire, en marche avant ou en marche arrière selon un second tirage au sort. Vous rangez le véhicule dans un emplacement perpendiculaire à la voie sur laquelle vous circulez, et au moins un emplacement voisin doit être occupé par un autre véhicule. Se garer au milieu d’un parking vide ne compte pas.
- La marche arrière en ligne droite, le long de véhicules en stationnement ou le long d’une bordure, sur une distance d’environ 10 mètres.
Dans tous les cas, la manœuvre doit être réglementaire, fluide et sûre pour les autres usagers. La fluidité n’est pas un détail de style : une manœuvre juste mais interminable reste une manœuvre ratée.
Les trois manœuvres, filmées et expliquées
Bernard, moniteur au centre de Mons, a filmé trois de ces manœuvres pour ses élèves, avec le parcours d’examen de Cuesmes en tête. Elles se revoient entre deux heures de conduite, ou la veille de l’examen.
Le créneau à droite, par étape
La manœuvre imposée, décomposée : positionnement, point de braquage, redressement, ajustement.
Le stationnement en bataille, en marche arrière
Le sens le plus demandé à l’examen, et le plus rassurant à la sortie de l’emplacement : vous repartez en marche avant, avec de la visibilité.
Le stationnement en bataille, en marche avant
Plus simple à l’entrée, plus exigeant à la sortie. Le tirage au sort ne vous laissera pas choisir : les deux sens se travaillent.
Les trois vidéos sont regroupées sur la page Vidéos du blog.
Une remarque de Bernard, et elle vaut pour tout le reste : ces vidéos ont été tournées avec une Audi A1. Les repères visuels — l’endroit où la bordure « coupe » le rétroviseur, la position du montant arrière — changent d’une voiture à l’autre. Le principe et la méthode, eux, restent exactement les mêmes. Ce sont les repères qu’on ré-étalonne sur le véhicule d’examen, pas la manœuvre.
Une seule méthode, pas trois
C’est le conseil que nous répétons le plus souvent, et le plus souvent ignoré. Il circule autant de techniques de créneau que de tutoriels en ligne, et elles fonctionnent presque toutes. Le problème n’est pas la méthode : c’est d’en mélanger plusieurs.
Un candidat qui a répété une méthode jusqu’à l’automatisme la sortira sous stress. Un candidat qui hésite entre trois repères concurrents s’arrêtera au milieu de la manœuvre pour réfléchir — et c’est là que ça se passe mal. Choisissez-en une, celle qu’on vous enseigne, et tenez-vous-y jusqu’à l’examen.
Les règles de détail qui font la différence le jour J
Ce sont rarement les manœuvres elles-mêmes qui posent problème, mais leur cadre. Voici ce que les candidats découvrent trop souvent sur place.
- Vous choisissez l’endroit. L’examinateur délimite une zone ; à l’intérieur, c’est vous qui décidez de l’emplacement qui vous paraît le plus approprié. Et surtout : ne pas profiter des opportunités offertes peut conduire à l’arrêt de l’examen. Laisser passer trois places correctes en espérant mieux est un mauvais calcul.
- Les contrôles préalables ont lieu avant le départ, à l’arrêt : connaissance minimale du véhicule — usure et pression des pneus notamment —, de ses commandes, et position de conduite adéquate. C’est du gratuit si on l’a préparé, du stress inutile sinon.
- La conduite indépendante n’est pas un piège. Sur une partie du parcours, l’examinateur vous demande de suivre seul une direction identifiable par la signalisation. Il s’agit de montrer que vous savez vous orienter dans le trafic sans aide — pas de deviner ses intentions. En conduite dirigée non plus, l’examinateur ne vous tendra aucun piège.
- Indiquez la fin de votre manœuvre. Tant que vous n’avez pas signalé que vous avez terminé, l’examinateur considère que la manœuvre est en cours.
Trois façons d’arrêter l’examen sans l’avoir voulu
Certains motifs interrompent l’épreuve immédiatement. Ils sont connus des moniteurs, beaucoup moins des candidats et de leurs guides.
1. L’intervention du guide, de l’accompagnant ou du moniteur
Toute action ou parole susceptible d’influencer le déroulement de l’examen ou le maniement du véhicule est une intervention : toucher au volant, aux freins — frein de stationnement compris —, à l’embrayage, à l’accélérateur, au levier de vitesse, aux clignotants, aux feux de brouillard, à l’avertisseur sonore. L’examen s’arrête.
Deux nuances : éteindre les feux (sauf les feux de route), arrêter les essuie-glaces ou empêcher le candidat d’actionner le démarreur alors que le moteur tourne déjà ne sont pas considérés comme des interventions. Et il existe une obligation d’intervenir : lorsque la sécurité des personnes ou des biens est menacée.
2. Les aides à la conduite qui se déclenchent
C’est le point le plus mal connu, et il concerne de plus en plus de voitures. Les systèmes d’aide présents d’origine sur le véhicule sont acceptés et ne doivent pas être désactivés. Mais l’assistance ne peut jamais se substituer au conducteur : si un freinage d’urgence automatique ou une correction de trajectoire se déclenche à la suite d’un manquement de votre part, c’est assimilé à une intervention — et l’examen s’arrête.
Autrement dit : la voiture qui vous rattrape ne vous sauve pas, elle vous recale.
3. Le téléphone
Son utilisation n’est pas autorisée pendant l’épreuve, sous peine d’arrêt. Le plus simple reste de l’éteindre ou de le passer en mode avion avant de monter dans le véhicule.
S’entraîner avant le jour J
Les manœuvres sont la partie de l’examen qui se travaille le plus efficacement, parce qu’elle est reproductible : mêmes gestes, mêmes repères, autant de fois qu’il le faut. C’est aussi celle où quelques heures ciblées changent le plus de choses.
Au centre de Mons, les formules pratiques sont les suivantes :
- 2 heures : 140 € — utile pour reprendre une manœuvre précise avant l’examen.
- 6 heures : 420 €
- 30 heures + examen : 2 200 € — la formule accès direct, qui permet de présenter l’examen pratique sans période de stage.
- Accompagnement à l’examen : 100 € + la redevance du centre d’examen.
Si vous préparez votre permis en filière libre, vous pouvez suivre des heures de conduite en école de conduite agréée sans renoncer à votre formule : les deux apprentissages sont interchangeables. Beaucoup de candidats viennent chez nous uniquement pour caler leurs manœuvres et se rassurer sur le parcours de Cuesmes.
Le détail du parcours complet — théorique, test de perception des risques, permis provisoire, examen pratique — est repris dans notre article Permis B à Mons en 2026 : toutes les étapes, dans l’ordre.
Questions fréquentes
Combien de manœuvres à l’examen pratique du permis B ?
Deux. Un stationnement/arrêt, demandé systématiquement, et une seconde manœuvre tirée au sort parmi le demi-tour, le stationnement perpendiculaire et la marche arrière.
Le créneau est-il obligatoire à l’examen ?
Le stationnement/arrêt en marche arrière et en forme de « S » entre deux véhicules — le créneau — fait partie des deux manœuvres demandées. Le côté, droite ou gauche, est tiré au sort.
Peut-on choisir sa place de stationnement ?
Oui, à l’intérieur de la zone indiquée par l’examinateur : vous choisissez l’endroit qui vous paraît le plus approprié. Attention toutefois, l’emplacement ne peut pas dépasser deux fois la longueur du véhicule, et ne pas saisir les opportunités qui se présentent peut mener à l’arrêt de l’examen.
Faut-il désactiver les aides à la conduite avant l’examen ?
Non. Les systèmes présents d’origine sur le véhicule sont acceptés et ne doivent pas être désactivés. En revanche, s’ils se déclenchent à cause d’une erreur du candidat — freinage d’urgence, correction de trajectoire —, c’est considéré comme une intervention et l’examen est arrêté.
Où les élèves de Feu Vert Mons passent-ils l’examen pratique ?
Au centre d’examen de Cuesmes, qui fait partie du groupe Autosécurité. Les tutoriels vidéo de ce blog ont été réalisés avec ce parcours en tête.
Les repères des vidéos fonctionnent-ils sur ma voiture ?
Les repères visuels dépendent du véhicule : ceux des vidéos ont été pris sur une Audi A1. Le principe et la méthode restent identiques ; ce sont les points de repère qu’il faut ré-étalonner sur la voiture avec laquelle vous passerez l’examen.
Ce qu’il faut retenir
Deux manœuvres, dont une seule est connue à l’avance. Un cadre précis — la taille de l’emplacement, l’emplacement voisin occupé, les dix mètres de marche arrière, le demi-tour en plusieurs fois — qui se retient en une lecture. Et une règle de méthode qui vaut tous les tutoriels du monde : une seule technique, répétée jusqu’à ne plus avoir à y penser.
Le reste, c’est de l’entraînement. Le centre est ouvert du lundi au jeudi, de 8h00 à 13h30, chaussée de Binche 50 à Mons ; vous pouvez nous joindre au 065 45 86 45 ou par e-mail à mons@aefeuvert.be.
Bonne route.